jeudi 4 décembre 2008

Movies


Avec mes cours d'art du film et d'art contemporain, c'est allé ce semestre au rythme de deux films ou plus par semaine. Autant dire que ma culture en a pris un coup... Alors, au milieu des premières révisions de partiels, qui arrivent dans moins de dix jours, voici une petite liste. Plutôt que de m'épandre sur un seul en voilà un paquet de mes préférés, vous choisirez !

Les films les plus bizarres/surprenants/angoissants:
- Weekend de Godard, intriguant sur le coup, mais plus on y repense, plus on le trouve bien
- 8 1/2 de Fellini, intéressant car c'est une autobiographie à demi-mots, mais qui n'a pas si bien vieilli
- Salo de Pasolini, ou comment faire des cauchemars pendant une bonne semaine
- La Jetée de Marker, un poétique roman-photo
- Wavelength de Snow, un film structuraliste, chiant au possible mais incontournable, apparemment...
- News From Home d'Ackerman, idem (le cinéma expérimental ne me réussit décidément pas!)


Les films les plus beaux (au sens esthétique):
- Citizen Kane, d'Orson Welles, tout simplement génial...
- My Blueberry Nights, de Won Kar Wai, vous le saviez déjà qu'il me plait, puisque j'en parlais déjà il y a quelques temps...
- Run Lola Run, de Tykwer, fan-fucking-tastic, comme dirait l'autre
- Lawrence of Arabia d'O'Toole, pour la magnifique musique
- La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer pour les gros plans et le silence auquel on n'est plus habitué.

Les films les plus captivants :
- Casablanca de Curtiz, dont j'ai déjà parlé plus tôt
- Cléo de 5 à 7 de Varda, qui m'a tout simplement passionnée
- On The Waterfront d'Elia Kazan, aux résonnances McCarthistes particulières, et puis, ahhh Marlon...
- La Historia Oficial, de Puenzo, parce que les films historiques, et notamment celui-ci qui se passe en Argentine, me touchent
- Blade Runner de Riddley Scott, pour moi qui n'ai jamais voulu aimer la science fiction, ni les films noirs...


Et à tout ça je rajouterai The Graduate, qui ne répond vraiment à aucune de ces trois catégories, mais que nous avons vu une nuit entre voisins, et qui était vraiment très bien, drôle, léger, avec quelques prises remarquables et plusieurs phrases cultes, ainsi qu'une bande son signée Simon & Garfunkel...

dimanche 30 novembre 2008

Giving thanks at the Meades'


Le weekend de Thanksgiving a encore été toute une aventure, qui a commencé pas plus tard que mercredi, où nous n'étions plus que huit au premier cours, et où le second cours a carrément été annulé.

J'ai retrouvé F. en fin d'après-midi dans un Vassar désert, et avons passé la soirée entre mon initiation au beer-pong (beuark) et Sex And The City. Le beer-pong consiste basiquement a ingurgiter le plus de bière possible le plus rapidement possible, dans le but évident d'être ivre, sauf qu'avec de la bière light nous ne risquions pas d'aller très loin, et une partie m'a largement suffit. Quand à Sex And The City, H. E. et moi avons découvert récemment que Josh, au bout du couloir, possédait le super coffret collector de toutes les séries.

Le lendemain, nous avons passé Thanksgiving chez le responsable des étudiants internationaux, qui avait invité qui voulait a partager sa maison, sa famille et un bon repas pour la journée. Nous étions plus de quarante là réunis! et tout s'est passé à merveille. F. et moi étions là dès onze heures pour aider à cuisiner les derniers détails, et à quatorze heure nous étions tous réunis autour des premiers appetizers.

Deux heures plus tard, après dinde, sweet potatoes, cranberry sauce et autres délices, nous nous sommes ouverts un peu plus aux autres avec le traditionnel "I am thankful for" où nous avons tous exprimé notre reconnaissance envers les choses qui nous sont les plus chères.

Quelques larmes aux coins des yeux plus loin, nous attaquions les desserts et la mort de tout hypothétique décompte des calories de la journée, avec cupcakes, cheesecake apple pie, chocolate cheesecake et blueberry pie.

Nous avons fini l'après-midi en bœuf musical dans un sentiment de gaité, une envie que la journée ne s'arrête jamais, et l'impression d'avoir passé le meilleur Thanksgiving que nous aurions pu imaginer...

dimanche 23 novembre 2008

Winter


L'hiver est enfin arrivé. Il fait froid, et ça devient de plus en plus laborieux de sortir des chambres-cocons où le chauffage est à fond. Du jour au lendemain, les arbres ont perdu toutes leurs feuilles, et un vent glacé s'est mis à courir entre les gratte-ciels de Manhattan, dans les quartiers résidentiels de Brooklyn, sur le campus boueux de Vassar et encore plus à Beacon Point, qui donne en plein sur l'Hudson.

Les peaux sèchent, les lèvres gercent, les nez rosissent - heureusement que ma mère m'a envoyé par la poste mon gros manteau d'hiver. Chez les Américaines, les Huggs sont de sortie, et chez les Américains, les tongs ont enfin été remplacées par de vraies chaussures. Je pare le froid comme je peux, avec des moyens techniques à la taille du peu de budget que je veux bien y consacrer, et je me balade donc généralement avec deux pulls, un foulard et une écharpe, des gants, deux paires de collants, et des chaussettes en laine dans mes bottes de caw girl.

Ah qu'il semble loin le temps où je passais l'hiver en ballerines, au désespoir de ma mère, et au grand bonheur des pavés de Saint Germain des Prés ! Le mois de décembre s'approche à grands pas, la neige, les -20 degrés qu'on nous promet depuis août et que tout le monde, à présent, commence à redouter, Thanksgiving, et puis bien sûr Noël, et le retour à Paris.

En attendant, je planche sur Jacques-Louis David et le Couronnement de Napoléon, et je me prépare aussi à affronter un paper à l'américaine de vingt pages en art contemporain... Si Serra m'inspire, je ne sais pas encore si je pourrai pour autant tenir tout ça. Bref, je deviens un rat de bibliothèque, et j'adore ça, moi qui n'avais pratiquement plus lu un livre en intégralité, depuis deux ans.

Au musée tout se passe à merveille. Les oeuvres changent en fonction de la lumière,, etentre les jours de bleu glacé et ceux de grisaille lourde, ça reste une expérience toujours aussi belle. Je me perds dans les ellipses spyralisantes de Serra, j'aime de plus en plus les néons de Flavin, je n'en finis pas de découvrir les détails de la grande série de Warhol, et j'essaye de mémoriser les LeWitt avant qu'ils disparaissent sous une couche de peinture, dans quelques mois. Je deviens plus active au niveau des enfants, aussi : je sais maintenant faire des visites guider, et j'aide aux activités. Là aussi je lis beaucoup, et on travaille en plus sur d'autres projets.

New York, enfin, va toujours aussi bien; les journées que j'y passe sont toujours autant de grandes bouffées d'air, qui me font aimer la foule et regretter Paris. Vendredi, c'a été le tour des galeries de Chelsea, et nous nous sommes, avec B., vraiment bien amusées. La soirée et la nuit avec A. et S. fut si réussie - j'y retourne bientôt, avec ma Couquette préférée, qui vient passer quelques jours, quand A. sera partie.


samedi 15 novembre 2008

Co-driver


Une de mes choses préférées ici est de loin les trajets en voiture. J'aime sillonner l'Hudson vallée tout en voyant la campagne rouge et dorée défiler, voir passer les arbres déjà presque nus, les champs encore verts, les feuilles d'automne qui tombent, les grandes maisons grises, et les voitures énormes, tout en faisant office de copilote, en racontant plein de bêtises, voire en chantant à tue-tête...

J'aime tellement ça qu'a chaque fois je suggère "let's drive to the Niagara Falls!". Je suis sure que huit heures de route direction plein Nord seraient tout aussi amusantes, neige y compris. Bon, d'accord, peut-être pas pour celui qui conduit... Et alors?!

Avec M. et B. les voyages sont faits de fou-rires et de hurlements: ceux de M. a chaque détail typiquement américain et ceux de B. quand la musique est trop forte (il faut dire que la voiture de M. date un peu de l'âge de pierre, que les hauts-parleurs ne marchent qu'une fois sur deux, et qu'ils ne se mettent en marche que lorsque M. pousse le volume à fond...).

Lors des voyages avec N., les vendredis matins, pour nous rendre a Beacon, on s'arrête toujours en chemin, que ce soit pour faire un tour à une vente d'épis de maïs, visiter une boutique qui vend exclusivement des poupées russes, ou lui acheter un grand café noir histoire de le réveiller...

Oui car je ne vous ai pas présenté N.... N. est un hippie, enfin un hippie-hipster des temps modernes. Un Vassarien bien loti qui se balade pieds-nus même sous la pluie, qui aime space outer en écoutant Sigur Ros et qui fait partie d'un groupe de musique, dont il est le danseur (je me rappelle encore de la tête de B. "So do you play any instruments?" "No" "Oh so you're the singer?" "Emm No" "Well then what do you do?" "I dance!").

Du coup, avec lui, les voyages sont toujours épiques...

Ainsi, vendredi dernier, alors qu'on se châmaillait pour je ne sais plus quelle raison:
" Okay, well if it's like that, I'm leaving the car" et profitant d'un feu rouge il détache sa ceinture, coupe le moteur et s'apprête a sortir, retenu évidemment par un de mes stridents "DON'T DO THAAAAT !!!!!"

Et, il y a deux semaines, :
"Wait, are we going in the right direction?
- How am
I supposed to know?!!!
- Oh well, we've been driving in the opposite direction for the past 10 minutes
"

Bien sûr, nous avons failli mourir une bonne douzaine de fois, mais bon, ça, ça ne se raconte pas, n'est-ce pas...

mercredi 12 novembre 2008

LaundryView

Le nouveau gadget du siècle :


Et là vous avez accès à la salle exacte, avec les machines exactes (bon ok elles sont pas roses, mais vous allez pas pinailler, nan?), qui vibrent quand elles sont utilisées, tout ça tout ça. Autant vous dire que je suis restée une bonne demie-heure à contempler ma machine se finir... Au moins, plus d'embouteillages à l'horizon, et plus la peine de se descendre 4 étages les bras chargés de linge sale et du paquet de savon pour devoir remonter...

Oh my gosh, comme dirait l'autre,
on aura vraiment tout vu.

lundi 10 novembre 2008

Society life


Ces derniers jours ont été occupés par plus de socialisation que de coutume, quelques unes de ces mondanités fastueuses que j'adore et assume entièrement, au risque de paraître futile – vous me connaissez. Ca faisait tellement de temps que je tannais M. pour être sa « date » au Gala du musée qu'il a fini par accepter de nous emmener, B. and myself, au cocktail de la soirée.


Vendredi soir, donc, après une journée de stage écourtée, nous avons pris le train direction NYC, tout bien habillés au milieu d'une bonne tonne de gens casuals qui nous ont allègrement dévisagés. A 18h30 pétantes (American way of life... - je ne m'habituerai jamais), nous sirotions notre première coupe de champagne, les petits fours commençaient à défiler, les gens à arriver.


Mini-sushis, canapés supposés au caviar (soulevant l'éternelle question: where the f*ck is the caviar ?!), champagne encore, artistes, directeurs, bienfaiteurs, robes haute couture et it-girls, tout y était. M. a l'alcool qui monte vite, et il s'est rapidement fait un plaisir de me présenter tout le monde, et moi, pendue à son bras telle une potiche un peu paumée, j'ai distribué sourires et quelques phrases en français.


Vers 20h30, alors que M. et la hype Newyorkaise allaient diner, B. et moi nous sommes engouffrées dans le métro bruyant, pour redescendre par la ligne rouge jusqu'à la 42ème, prendre la ligne grise jusqu'à Grand Central et remonter par la verte jusqu'au Guggenheim. Parce qu'au Guggenheim, les premiers vendredis du mois, c'est dj fever à l'intérieur, avec bar intégré. Un verre de vin blanc à la main, nous avons pu parcourir les nouvelles expos (Catherine Opie et Theanyspacewhatever), avant de redescendre en bas de la spirale où résonnaient les beats de Devlin & Darko.


La soirée aurait pu être plus longue, mais manque d'organisation (tout s'étant décidé en à peu près 48heures), j'étais, vers minuit, de retour à Grand Central, et, à deux heures du matin, j'étais rentrée et au fond de mon lit, enfin au fond de mon lit de Beacon (mais au point où on en est, c'est pratiquement tout comme).


Et comme m'a dit Sam ironiquement: « It's amazing how just because you are European you have been automatically dragged to the fanciest and most cultural places of the country... » Mouhaha, c'est ça. Et mes chevilles, ça va?


Oui oui, promis, j'y fais attention, ça va.

mardi 4 novembre 2008

« Change has come to America »


Ce soir, peu après que j'aie commencé une nouvelle pelote de laine bleue pour l'écharpe que je tricote, une page s'est tournée dans l'histoire des Etats-Unis. Après huit ans de Busherie, on laisse enfin la place au changement.

Le bouillonnement était à son comble, ces derniers jours, sur mon campus profondément démocrate – nous avons même eu un mail nous demandant de respecter les quelques malheureux Républicains qui en ont apparemment pas mal bavé.

Toute la journée a été colorée de t-shirts, de pins et de casquettes Obama, d'autocollants « I voted today », de Starbucks et de Ben&Jerry's offerts aux votants.

Et ce soir, dans une grande salle, devant un écran géant, une bonne centaine d'étudiants attendait avec anxiété, criant les chiffres du décompte des fermetures des bureaux de vote, hurlant de joie pendant plus de dix minutes ininterrompues à onze heures, quand les votes d'Obama ont dépassé la fatidique somme de 270.

Alors qu'est-ce que je ressens? La sensation que le vent a tourné. Que le stéréotype du stupide cowboy Bushisant d'il y a quatre et huit ans s'est estompé. Que les gens ont voulu croire, donner une chance, essayer d'avancer. Que les choses vont enfin, peut-être, commencer à changer.

Le titre est du beau discours de Barack, la photo du Monde.

lundi 3 novembre 2008

All Hallows' Even


Halloween a été une soirée... ...épique. Je riais la semaine dernière en voyant les flyers glissés tous les jours par le Health Center dans nos boîtes aux lettres, nous recommandant de manger avant de boire et de prendre soin de nos amis, eh bien si j'avais su...


C'était l'orgie totale, la beuverie organisée, la même folie habituelle, mais multipliée par trois, puisque pour une fois les seniors avaient daigné descendre de leur maisons où ils vivent en colloc' pour faire la fête dans le College Center redécoré pour l'occasion.


Les costumes étaient beaux, variés, et peu de filles avaient joué les slutty girls dont on m'avait tant parlé (sexy nurse et compagnie...). Entre les souvenirs se détachent Run DMC, Cruella Devil, Sailor Moon, Chiquita Banana, un cuisinier. Les robes des années 1930 semblaient être à la top mode, et mon costume de page facebook, fabriqué en quelques minutes avec une grande feuille de papier et une paire de feutres bleus, n'a pas mal marché (idée que j'avais, soit dit en passant, piquée sur facebook... - on ne se refait pas !)


La nuit est passée vite, pleine de bonbons, et de vodka. Le reste du weekend a été généralement passé à se remettre du Hang Over collectif, et le dimanche, s'il a été un peu plus productif, n'a pas non plus été dément – lectures, film, et session d'enregistrement.


(ma pomme, avant que les gens ecrivent sur mon wall)

dimanche 26 octobre 2008

Back to school


La semaine est encore une fois passée trop vite, mais je l'aime bien mieux comme ça. A la bouillonnante New York j'ai préféré Beacon pour la fin de semaine, et je ne m'en repends pas le moins du monde.

Le musée était tout à moi le jour où il était fermé au public, et j'ai pu profiter à loisir de ses sofas les plus confortables du monde, pour travailler, face à un Dan Flavin vu sous un étrange jour, puisqu'il était éteint. Le musée était aussi à plein de groupes de (relativement) petits New Yorkais, venus avec leurs classes, et auprès desquels j'ai pu un peu m'activer.

C'est drôle comme les plus petits sont bien plus réceptifs à l'art, surtout contemporain, que les rebelles adolescents. A dix ans ils sentent, demandent, comprennent, peut-être parce qu'ils acceptent leurs émotions telles qu'elles viennent, sans doute parce qu'ils n'ont pas encore tout à fait conscience d'eux-même, ni du ridicule. A treize ans, ils refusent souvent de s'ouvrir à d'autres perspectives, d'autres conceptions, et certains se contentent de jeter un regard dédaigneux, capables de ne rien considérer comme de l'Art, et pourtant incapables de dire ce qui en est.

Les soirées ont été accompagnées de soupes Campbell (aux emballages faisant aujourd'hui usage de pots à crayons), d'apple crisps, de facebooks, de Before Sunset et de fou-rires, dans une amitié en construction faite de deux solitudes différentes, mais qui se complètent de mieux en mieux.

Ce matin, je suis arrivée vers dix heures dans un Vassar silencieux et vide, qui s'est peu à peu rempli. Les sourires s'échangent, les nouvelles aussi, et la vie de College reprend, petit à petit, avant de démarrer pour de bon, demain, lundi.

jeudi 23 octobre 2008

I made myself a home.

Marcher dans le froid de New York ce soir à la tombée de la nuit, en remontant la 23ème avenue vers le métro qui me mènerait à Grand Central depuis Chelsea, après avoir laissé Max à un diner post-vernissage et Beau à une soirée entre Brits, m'a laissé un peu de temps pour réaliser.

Tout m'a semblé familier: les immeubles à escaliers extérieurs, les publicités géantes, les taxis jaunes, les passants pressés... et pas même la peine de consulter mon plan pour m'y retrouver, prendre le metro direction uptown, parcourir des kilomètres de couloirs enterrés (comme quoi le Forum des Halles n'a pas l'exclusivité), plus même besoin d'attendre un feu bien vert pour traverser.

Le luxe du campus vassarien m'avait fait oublier, mais le week-end dernier passé ici, et les allers-retours dans la journée, le temps aujourd'hui d'un Dia-meeting a la Hispanic Society et d'un tour au New Museum, m'ont renvoyé à la figure la chose qui me manque le plus depuis que je suis arrivée.

I am a City girl, une fille de la ville, profondément. Pas de la campagne, de la bulle isolée du College, et encore moins du creepy Poughkeepsie. J'ai été élevée dans l'odeur du métropolitain et le bruit des gens stressés, j'appartiens à un monde au pas pressé.

Et si Paris la belle me manque assez souvent, avec ses ponts, sa Seine, sa grisaille, son haussmanisme et mon Saint Germain des Prés, je n'en ai pas moins adopté les gratte-ciels polissés, les odeurs des vendeurs de hotdogs, le Subway bondé, le shopping a Soho et les restaurants multiples du Harlem coloré.

Voila, I made myself a home. Il ne manquerait plus que j'y aie un coin de chambre, et je pourrais me sentir complètement adoptée. Mais quoi qu'il en soit... I am coming back. Tomorrow, next month, next semester, next year... And some day for good, for longer,... forever?

lundi 20 octobre 2008

October Break


La mi-octobre est déjà là, et moi je suis en retard, pardon. Les événements continuent de passer trop vite les uns après les autres, et tout va toujours aussi bien. L'automne s'est installé pour de bon ces jours-ci sur un campus déserté pour la semaine. Les arbres sont tous rouges ou jaunes, les feuilles et les bogues jonchent le sol, au grand bonheur des écureuils mais aussi des marmottes, que l'on compte maintenant par vingtaines. Le silence fait du bien, les couloirs déserts invitent au repos, et à rattraper sans stress les lectures laissées de côté le temps des midterms.


J'ai passé trois jours de folie à New York avec Anne et Sophie, entre musées, shopping, cheesecakes, bars de Soho et chuchotements la nuit. Paris, ou plutôt la vie citadine, me manque... ...mais j'en profite d'autant plus lors de ces escapades démesurées. Je repars demain soir, passer le reste de la semaine à Dia, à écrire les papers qu'il me reste au milieu des oeuvres d'art.


Je fais cours, je sais, mais c'est déjà ça...

dimanche 12 octobre 2008

MSTRKRFT


Je n'en reviens toujours pas. MSTRKRFT à Vassar ! C'est un peu comme Justice à Sciences Po, chose qui n'arrivera jamais, j'en conviens (non, nous on préfère recevoir les BB Brunes... ahem). Ca fait des semaines que tout le monde en parle, ces derniers jours l'excitation était à son comble, et bien sûr la gentille apprentie de musique électro que je tente d'être n'était pas en reste.

Le soir même une foule de hipsters sortis de nulle part (ou peut-être simplement d'étudiants qui avaient fait l'effort d'enlever leurs sweaters et leurs bas de pyjamas) se dirigeait vers UpCDC, la salle au-dessus du réfectoire, transformée en boîte de nuit le temps d'une soirée.

Quatre mixs différents, pour cette étape de la tournée Fist Of God. LA Riots, Congorock, Felix Cartal et bien sûr MSTRKRFT (prononcer Masterkraft), clou du spectacle, avec un show plein d'écrans et de néons colorés.

Ce fut la folie, des gens partout, de la bonne musique, une envie de danser jusqu'à pas d'heure, en souriant, sans se préoccuper ni sans même y penser, un peu comme à la fête de la musique, l'été dernier...

Ma perruque violette, achetée sur un coup de tête (et pour 12dollars, ça en valait la peine !) a fait des ravages. Plein de compliments, de flirtouille, un « you look pretty intense », et même pour le coup une invitation des MSTRKRFT et leurs acolytes a leur post-party dans leur bus de tournée.

Malgré la flatterie d'avoir vu l'un d'eux descendre de scène et me prendre par le bras alors que qu'une poignée de groupies se trémoussaient en mini-short depuis des heures devant leur nez, je suis restée bien sage, préférant rentrer boire un thé et gossiper avec Beau plutôt que de découvrir les enjeux du Sex, Drugs and Electro, qui étaient finalement bien loin, hier soir, de m'attirer...

Et le semestre prochain, il paraît que c'est Feist qui vient!

vendredi 10 octobre 2008

Midterms

Et voilà, ils sont déjà là... Les midterms, ou galops d'essai made in Vassar. Du coup, il n'y a plus beaucoup d'agitation on campus, la gym se vide, la bibliothèque se remplit, les profs nous bourrent de recommandations, et la plateforme de travail numérique en groupe, ou blackboard pour les intimes, a remplacé ma page d'ouverture internet.


Chaque matière a ses propres instruments de torture, à multiplier par deux pour la non-native speaker que je suis, qui met 3 plombes de plus que tout le monde pour à peu près tout (notamment lire, mémoriser et rédiger).


En Art du Film, un essay de six pages, sur le film de notre choix (tant que le prof l'a vu), en étudiant l'un des aspects évoqués en cours (direction/caméra/lumière/décors/jeu...). Pour moi, ce sera le décors de My Blueberry Nights, que j'avais tant aimé... ...il faut juste que je commence à rédiger.


En Art et Révolution en Europe, trois paires de tableaux à comparer. Ca ne devrait pas être trop dur, puisque le prof a mis à notre disposition une sélection de slides à réviser. Reste juste qu'il est le plus sévère du département d'art – lucky me, vous me direz.


En Art Contemporain, une revue d'exposition à rédiger, à la manière du New Yorker. Je n'ai jamais lu le New Yorker (ça commence bien), mais j'en ai une copie au fond de mon tiroir. Heureusement, le paper est à rendre après l'October Break qui se profile, et que je projette de passer en grande partie à Dia... ...à bouquiner, discuter, projeter et accessoirement étudier, au milieu des Warhol, Flavin, Serra et autres pièces que j'aime de plus en plus.


En Musique Electro, last but not least, je suis censée composer un morceau de 45 secondes à partir d'un bâillement de porte pré-enregistré. Facile, suffit de faire joujou avec 2/3 softwares. non?... Eh ben non. Figurez vous que ça prend un temps fou, que je ne domine pas du tout cet obscur vocabulaire, et que 45 secondes, c'est fichtrement long... Enfin, nous avons enfin obtenu l'accès au studio a n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, donc ça devrait pouvoir m'aider, d'ici mardi...


Enfin, tout ça est bien loin de gâcher ma bonne humeur, et de m'empêcher d'aller passer une soirée awesome samedi, puisque MSTRKRFT vient mixer à Vassar ...

lundi 6 octobre 2008

Weekend


J'ai passé un des meilleurs week-end depuis mon arrivée ici. Il faut dire que chacun a été une petite réussite, mais celui-ci a été particulièrement heureux.

Vendredi (eh oui, mon week-end commence le vendredi...), j'ai passé la journée au Dia. Au menu: pique-nique à Beacon Point (un quai-sculpture de George Trakas), puis discussions sur le pourquoi du comment de l'art, affalés dans le merveilleux canapé placé en face d'un beau Dan Flavin, puis allongés sur le Chamberlain fait pour (soulevant notamment la question de savoir comment envisager cette oeuvre d'art, et notre rapport à elle, puisqu'elle change la donne du musée traditionnel).

Le soir, je suis restée chez Beau, la nouvelle stagiaire à plein temps arrivée de Londres, et qui habite Beacon (ce sera toujours moins glauque que Poughkeepsie). Ca fait du bien de changer un peu de la nourriture graisseuse du réfectoire, et de siroter du vin blanc made in France.

Le lendemain, journée à New York - lassées des incontournables, et de passer la plupart de notre temps (libre pour moi) au musée, nous nous sommes lâchement consacrées au shopping, sans omettre toutefois de commencer par bruncher chez Balthazar, une brasserie wannabe-parisienne de Soho, où tout était très très bon.

Après avoir parcouru une bonne partie de Soho, Noho et Greenwich, un peu de subway direction Central Park, pour profiter du bleu du ciel et du début de rouge des arbres, avec Max qui nous a rejointes. Central Park le weekend est bondé, les mariages foisonnent et les concours d'échecs envahissent les rives des lacs.

En fin d'après-midi, retour à Grand Central, direction Vassar, cette fois, pour une nouvelle soirée à thème: Day Glo Toga, à base de peinture fluorescente et de toges romaines. Je ne vous reraconterai pas l'histoire de la dernière fois, mais là encore on s'est bien plus amusées avant que pendant (et on a encore fini par regarder Sex and the City).

Dimanche, brunch avec Noah, un autre des Dia-stagaires, chez Babycakes, l'endroit le plus potable des alentours du campus, qui annonce ironiquement "London-Paris-Poughkeepsie". Pour le reste de l'après-midi, Beau et Noah étaient au musée (de Vassar, cette fois), et moi at the library (où j'ai aussi passé la majorité de la soirée).

Bref, tons of fun, friendship, bonheur, beau temps, New York, Dia, Vassar, what else?!

jeudi 2 octobre 2008

Bathroom


Bon, d'accord, il y a bien un détail qui coince, dans le merveilleux Vworld. Quoi? La salle de bain. D. a eu beau me dire que ce serait une question de temps, rien n'y fait.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Je me suis habituée a mon luxe parisien : une grande salle de bain, la lumière du jour, deux énormes miroirs, la vue sur les toits, et des produits de beauté plein mon tiroir.

Ici... la ventilation est trop froide, la douche est un des top lieux de fornication, et le lavabo le premier endroit de vomissage après n'importe quelle soirée d'excès. Quelques araignées se baladent, et la lumiere n'arrive qu'à moitié jusqu'à la douche. En plus, j'ai l'immense chance d'être pratiquement en face de la salle de bain, ce qui fait que je suis facilement réveillée par les quelques abrutis qui trouvent très normal de chanter a pleine voix sous la douche dès 8heures du matin...

Du coup, ce n'est pas franchement l'extase, j'aimerais bien pouvoir me doucher sans tongs, et aussi me voir dans une glace de la tête aux pieds, une fois de temps en temps, s'il vous plait. Mais bon, je fais des efforts pour m'adapter... Je me douche le matin, a peine levée, a moitié endormie, presque anesthesiée, ce qui m'enlève aussi toute pudeur lorsque je croise Mat puis Jeff (mêmes horloges biologiques fever), avec mon pyjama d'hiver à moutons et mes cheveux en petard.

Et puis, je compense en faisant des petites folies, du genre le shampoing + soin John Frieda sur lequel je salive depuis des années a Monoprix, trouvé pour à peine plus de $5 chacun a Target... (quoi de mieux que de finir sur une petite note de girly-fever... ahem)

mardi 30 septembre 2008

Casablanca


Etant donné que j'ai deux séances de cinéma obligatoires par semaine, je me suis dit que je pouvais aussi vous en parler ...

Casablanca date de 1943, est un grand classique, et un film où patriotisme et amour se rencontrent, s'emmèlent et, évidemment, finissent par se dénouer. Sous des jeux de lumière particulièrement beaux, Bogart et Bergman se retrouvent, en noir et blanc, au son de leur chanson, "As Time Goes By".

Ce film est le fil conducteur de mon cours "Art of Film", alors il m'est un peu difficile de détacher tout ce que j'ai dû lire et apprendre dessus. Ainsi, je vous dirais par exemple que Ingrid Bergman n'avait jamais été pressentie pour le rôle, que la fin du film ne fut écrite que quelques jours avant qu'elle soit tournée, que Bogart et Bergman se séparent sur un fond de fumée car la guerre a empêché le tournage dans un aérodrome.

Je pensais que savoir les dessous de sa réalisation m'empêcherait de le revoir sans penser à tous les détails, mais non... ...la magie marche à chaque fois.Casablanca est le premier des films que j'ai vu ici, dans la salle de cinéma du "Drama and Film Department", et il vaut définitivement le retour en arrière.

dimanche 28 septembre 2008

Library


Au moment où je vous écris, je suis à la bibliothèque. Ehhh oui, désormais les dimanches soirs se passent avec Roku et Alex dans un monument historique, au milieu des rangées de livre, dans une des allées silencieuses, puisqu'elle est ouverte jusqu'à une heure du matin (ce qui me change pas mal, puisque celle de Pipowonderland était ouverte l'année dernière jusqu'à 19h grand max, et encore en semaine).


Un système d'emprunt de Macs est également en place, ce qui m'évite de transporter mon ordinateur + le chargeur + l'adaptateur, et me facilite pas mal la vie. D'ailleurs, je vais également avoir un Mac rien que pour moi le temps du cours de musique électro (qui dure toute l'année – et comme ça je pourrais commencer une collection d'ordis portables dans ma chambre).


Et après quelques heures de travail intensif (bien sûr), il fait toujours bon aller prendre un thé au sous-sol, dans le mini-café appelé Mathew's Bean, en hommage à l'illustre fondateur du collège, le brasseur Mathew Vassar (ne me demandez pas comment il est passé de la bière aux études, je n'en sais rien!), ou bien se relaxer dans la « meditation room », pleine de poufs (et de fumeurs d'herbe – hann illégal !!!), au troisième étage.

jeudi 25 septembre 2008

Sexile


Hier soir, Molly et Derek sont venus étudier dans ma chambre. C'était très... ...Studieux (si si, jte jure !) jusqu'à ce qu'on finisse par faire un break-papotage. Et c'est là que j'ai appris qu'ils étaient avec moi non pas par affection à mon auguste personne (enfin, pas seulement, quoi !), mais bien parce qu'ils étaient "in sexile".

Mais "sexile", qu'est-ce ?!!! Pour ceux qui n'auraient pas encore percuté, c'est la simple jonction de "sex" et "exile", désignant l'obligation d'un étudiant à s'exiler de sa chambre lorsque son/sa roommate y est avec quelqu'un, supposément pour "faire des choses pas très catholiques", comme dirait l'autre (Derek, lui, préfère dire que son roommate "is entertaining"...).

Généralement la période de "sexile" se termine lorsque la porte est déverrouillé, lorsque le roommate vient faire un tour l'air de rien dans ma chambre, ou encore lorsque, au bout de trois heures, le sexilé va tambouriner à la porte.

Bref, c'est là que je suis bien contente de ne pas avoir de roommate... !

mercredi 24 septembre 2008

Checkup


Voilà un mois pile poil que je suis là... et je ne désenchante pas.

Je veux dire, malgré les quelques problèmes que je traverse, comme une carte bleue qui n'en finit pas de se balader overseas, une otite, un rhume, les salles de bain mixtes et le froid la nuit, je suis toujours de merveilleuse humeur, à n'importe quelle heure du jour (ou de la nuit, mais là c'est moins étrange... hum, moi ?).

Aussi, c'est vrai que pour une fois les matières que j'étudie me passionnent, j'aime apprendre, lire, réfléchir et rédiger sur ces sujets, de l'importance de la musique dans Casablanca à l'analyse d'un tableau de la collection peint par un élève de David, en passant la composition d'un morceau de musique à partir d'un baillement de porte.

C'est sûr que le rythme est intense: même si l'ambiance de travail est stimulante, (elle est pas belle ma photo de la bibliothèque?!), la charge est quand même conséquente (où est passé le mythe de l'année de glande à l'étranger ?!), et si on ajoute à ça la vie en communauté, qui fait qu'il y a toujours un endroit où être, une fête où passer, un verre à boire et une série à regarder... ...il ne reste pas beaucoup de temps pour souffler, mais j'en suis bien contente (c'est pas comme si j'avais eu le temps de souffler en 2A, quoi).

Et surtout... Je n'ai jamais vu autant de gens sourire. Je veux dire, tout le monde, et je dis bien TOUT le monde, se sourit et se dit bonjour, à n'importe quelle heure du jour, dans n'importe quelle direction. Ca change des mondanités pipotiennes (même si je les aimes bien aussi... ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit), et ça aide à rester de bonne humeur, même quand on a encore 23 pages de physique (eh oui, moi, de la physique... comment perçoit-on les sons ? thatizthequestion à 100.000 dollars) à lire et que le cours est dans 25 minutes...

lundi 22 septembre 2008

Heaven


Mon petit paradis est un lieu plein de lumière, dont les reflets et l'atmosphère varient en fonction du temps. Ancienne fabrique de biscuits transformée en musée d'art contemporain, le Dia est à moins de 20 minutes de train de Vassar, le long de la large et bleue Hudson River. C'est là que je fais un jour de stage par semaine.

Pour l'instant, mon "travail" se résume à bénéficier de visites privées du musée, parfois dans les endroits où les simples touristes n'ont pas le droit de passer. J'ai également aidé à encadrer une classe de collégiens, vendredi matin, et été à un brunch-vernissage avec une bonne couche de la hype newyorkaise, dimanche matin.

Judd, Smithson, Serra, Warhol, Bourgeois, la majorité des grands noms des quarante dernières années y sont. Dans l'immensité du musée, chacun a sa place, son périmètre réservé, pour que chacun puisse à son aise s'imprégner de l'art, de l'idée, de la manière dont ils ont été pensés.

Si vous allez sur le site, vous ne trouverez que peu d'images des oeuvres d'art, et moi non plus je ne vous en montrerai pas. J'ai appris ici à privilégier l'expérience personnelle aux reproductions qui gâchent toute l'intensité de l'endroit... ...Et j'adore ça !