dimanche 26 octobre 2008

Back to school


La semaine est encore une fois passée trop vite, mais je l'aime bien mieux comme ça. A la bouillonnante New York j'ai préféré Beacon pour la fin de semaine, et je ne m'en repends pas le moins du monde.

Le musée était tout à moi le jour où il était fermé au public, et j'ai pu profiter à loisir de ses sofas les plus confortables du monde, pour travailler, face à un Dan Flavin vu sous un étrange jour, puisqu'il était éteint. Le musée était aussi à plein de groupes de (relativement) petits New Yorkais, venus avec leurs classes, et auprès desquels j'ai pu un peu m'activer.

C'est drôle comme les plus petits sont bien plus réceptifs à l'art, surtout contemporain, que les rebelles adolescents. A dix ans ils sentent, demandent, comprennent, peut-être parce qu'ils acceptent leurs émotions telles qu'elles viennent, sans doute parce qu'ils n'ont pas encore tout à fait conscience d'eux-même, ni du ridicule. A treize ans, ils refusent souvent de s'ouvrir à d'autres perspectives, d'autres conceptions, et certains se contentent de jeter un regard dédaigneux, capables de ne rien considérer comme de l'Art, et pourtant incapables de dire ce qui en est.

Les soirées ont été accompagnées de soupes Campbell (aux emballages faisant aujourd'hui usage de pots à crayons), d'apple crisps, de facebooks, de Before Sunset et de fou-rires, dans une amitié en construction faite de deux solitudes différentes, mais qui se complètent de mieux en mieux.

Ce matin, je suis arrivée vers dix heures dans un Vassar silencieux et vide, qui s'est peu à peu rempli. Les sourires s'échangent, les nouvelles aussi, et la vie de College reprend, petit à petit, avant de démarrer pour de bon, demain, lundi.

jeudi 23 octobre 2008

I made myself a home.

Marcher dans le froid de New York ce soir à la tombée de la nuit, en remontant la 23ème avenue vers le métro qui me mènerait à Grand Central depuis Chelsea, après avoir laissé Max à un diner post-vernissage et Beau à une soirée entre Brits, m'a laissé un peu de temps pour réaliser.

Tout m'a semblé familier: les immeubles à escaliers extérieurs, les publicités géantes, les taxis jaunes, les passants pressés... et pas même la peine de consulter mon plan pour m'y retrouver, prendre le metro direction uptown, parcourir des kilomètres de couloirs enterrés (comme quoi le Forum des Halles n'a pas l'exclusivité), plus même besoin d'attendre un feu bien vert pour traverser.

Le luxe du campus vassarien m'avait fait oublier, mais le week-end dernier passé ici, et les allers-retours dans la journée, le temps aujourd'hui d'un Dia-meeting a la Hispanic Society et d'un tour au New Museum, m'ont renvoyé à la figure la chose qui me manque le plus depuis que je suis arrivée.

I am a City girl, une fille de la ville, profondément. Pas de la campagne, de la bulle isolée du College, et encore moins du creepy Poughkeepsie. J'ai été élevée dans l'odeur du métropolitain et le bruit des gens stressés, j'appartiens à un monde au pas pressé.

Et si Paris la belle me manque assez souvent, avec ses ponts, sa Seine, sa grisaille, son haussmanisme et mon Saint Germain des Prés, je n'en ai pas moins adopté les gratte-ciels polissés, les odeurs des vendeurs de hotdogs, le Subway bondé, le shopping a Soho et les restaurants multiples du Harlem coloré.

Voila, I made myself a home. Il ne manquerait plus que j'y aie un coin de chambre, et je pourrais me sentir complètement adoptée. Mais quoi qu'il en soit... I am coming back. Tomorrow, next month, next semester, next year... And some day for good, for longer,... forever?

lundi 20 octobre 2008

October Break


La mi-octobre est déjà là, et moi je suis en retard, pardon. Les événements continuent de passer trop vite les uns après les autres, et tout va toujours aussi bien. L'automne s'est installé pour de bon ces jours-ci sur un campus déserté pour la semaine. Les arbres sont tous rouges ou jaunes, les feuilles et les bogues jonchent le sol, au grand bonheur des écureuils mais aussi des marmottes, que l'on compte maintenant par vingtaines. Le silence fait du bien, les couloirs déserts invitent au repos, et à rattraper sans stress les lectures laissées de côté le temps des midterms.


J'ai passé trois jours de folie à New York avec Anne et Sophie, entre musées, shopping, cheesecakes, bars de Soho et chuchotements la nuit. Paris, ou plutôt la vie citadine, me manque... ...mais j'en profite d'autant plus lors de ces escapades démesurées. Je repars demain soir, passer le reste de la semaine à Dia, à écrire les papers qu'il me reste au milieu des oeuvres d'art.


Je fais cours, je sais, mais c'est déjà ça...

dimanche 12 octobre 2008

MSTRKRFT


Je n'en reviens toujours pas. MSTRKRFT à Vassar ! C'est un peu comme Justice à Sciences Po, chose qui n'arrivera jamais, j'en conviens (non, nous on préfère recevoir les BB Brunes... ahem). Ca fait des semaines que tout le monde en parle, ces derniers jours l'excitation était à son comble, et bien sûr la gentille apprentie de musique électro que je tente d'être n'était pas en reste.

Le soir même une foule de hipsters sortis de nulle part (ou peut-être simplement d'étudiants qui avaient fait l'effort d'enlever leurs sweaters et leurs bas de pyjamas) se dirigeait vers UpCDC, la salle au-dessus du réfectoire, transformée en boîte de nuit le temps d'une soirée.

Quatre mixs différents, pour cette étape de la tournée Fist Of God. LA Riots, Congorock, Felix Cartal et bien sûr MSTRKRFT (prononcer Masterkraft), clou du spectacle, avec un show plein d'écrans et de néons colorés.

Ce fut la folie, des gens partout, de la bonne musique, une envie de danser jusqu'à pas d'heure, en souriant, sans se préoccuper ni sans même y penser, un peu comme à la fête de la musique, l'été dernier...

Ma perruque violette, achetée sur un coup de tête (et pour 12dollars, ça en valait la peine !) a fait des ravages. Plein de compliments, de flirtouille, un « you look pretty intense », et même pour le coup une invitation des MSTRKRFT et leurs acolytes a leur post-party dans leur bus de tournée.

Malgré la flatterie d'avoir vu l'un d'eux descendre de scène et me prendre par le bras alors que qu'une poignée de groupies se trémoussaient en mini-short depuis des heures devant leur nez, je suis restée bien sage, préférant rentrer boire un thé et gossiper avec Beau plutôt que de découvrir les enjeux du Sex, Drugs and Electro, qui étaient finalement bien loin, hier soir, de m'attirer...

Et le semestre prochain, il paraît que c'est Feist qui vient!

vendredi 10 octobre 2008

Midterms

Et voilà, ils sont déjà là... Les midterms, ou galops d'essai made in Vassar. Du coup, il n'y a plus beaucoup d'agitation on campus, la gym se vide, la bibliothèque se remplit, les profs nous bourrent de recommandations, et la plateforme de travail numérique en groupe, ou blackboard pour les intimes, a remplacé ma page d'ouverture internet.


Chaque matière a ses propres instruments de torture, à multiplier par deux pour la non-native speaker que je suis, qui met 3 plombes de plus que tout le monde pour à peu près tout (notamment lire, mémoriser et rédiger).


En Art du Film, un essay de six pages, sur le film de notre choix (tant que le prof l'a vu), en étudiant l'un des aspects évoqués en cours (direction/caméra/lumière/décors/jeu...). Pour moi, ce sera le décors de My Blueberry Nights, que j'avais tant aimé... ...il faut juste que je commence à rédiger.


En Art et Révolution en Europe, trois paires de tableaux à comparer. Ca ne devrait pas être trop dur, puisque le prof a mis à notre disposition une sélection de slides à réviser. Reste juste qu'il est le plus sévère du département d'art – lucky me, vous me direz.


En Art Contemporain, une revue d'exposition à rédiger, à la manière du New Yorker. Je n'ai jamais lu le New Yorker (ça commence bien), mais j'en ai une copie au fond de mon tiroir. Heureusement, le paper est à rendre après l'October Break qui se profile, et que je projette de passer en grande partie à Dia... ...à bouquiner, discuter, projeter et accessoirement étudier, au milieu des Warhol, Flavin, Serra et autres pièces que j'aime de plus en plus.


En Musique Electro, last but not least, je suis censée composer un morceau de 45 secondes à partir d'un bâillement de porte pré-enregistré. Facile, suffit de faire joujou avec 2/3 softwares. non?... Eh ben non. Figurez vous que ça prend un temps fou, que je ne domine pas du tout cet obscur vocabulaire, et que 45 secondes, c'est fichtrement long... Enfin, nous avons enfin obtenu l'accès au studio a n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, donc ça devrait pouvoir m'aider, d'ici mardi...


Enfin, tout ça est bien loin de gâcher ma bonne humeur, et de m'empêcher d'aller passer une soirée awesome samedi, puisque MSTRKRFT vient mixer à Vassar ...

lundi 6 octobre 2008

Weekend


J'ai passé un des meilleurs week-end depuis mon arrivée ici. Il faut dire que chacun a été une petite réussite, mais celui-ci a été particulièrement heureux.

Vendredi (eh oui, mon week-end commence le vendredi...), j'ai passé la journée au Dia. Au menu: pique-nique à Beacon Point (un quai-sculpture de George Trakas), puis discussions sur le pourquoi du comment de l'art, affalés dans le merveilleux canapé placé en face d'un beau Dan Flavin, puis allongés sur le Chamberlain fait pour (soulevant notamment la question de savoir comment envisager cette oeuvre d'art, et notre rapport à elle, puisqu'elle change la donne du musée traditionnel).

Le soir, je suis restée chez Beau, la nouvelle stagiaire à plein temps arrivée de Londres, et qui habite Beacon (ce sera toujours moins glauque que Poughkeepsie). Ca fait du bien de changer un peu de la nourriture graisseuse du réfectoire, et de siroter du vin blanc made in France.

Le lendemain, journée à New York - lassées des incontournables, et de passer la plupart de notre temps (libre pour moi) au musée, nous nous sommes lâchement consacrées au shopping, sans omettre toutefois de commencer par bruncher chez Balthazar, une brasserie wannabe-parisienne de Soho, où tout était très très bon.

Après avoir parcouru une bonne partie de Soho, Noho et Greenwich, un peu de subway direction Central Park, pour profiter du bleu du ciel et du début de rouge des arbres, avec Max qui nous a rejointes. Central Park le weekend est bondé, les mariages foisonnent et les concours d'échecs envahissent les rives des lacs.

En fin d'après-midi, retour à Grand Central, direction Vassar, cette fois, pour une nouvelle soirée à thème: Day Glo Toga, à base de peinture fluorescente et de toges romaines. Je ne vous reraconterai pas l'histoire de la dernière fois, mais là encore on s'est bien plus amusées avant que pendant (et on a encore fini par regarder Sex and the City).

Dimanche, brunch avec Noah, un autre des Dia-stagaires, chez Babycakes, l'endroit le plus potable des alentours du campus, qui annonce ironiquement "London-Paris-Poughkeepsie". Pour le reste de l'après-midi, Beau et Noah étaient au musée (de Vassar, cette fois), et moi at the library (où j'ai aussi passé la majorité de la soirée).

Bref, tons of fun, friendship, bonheur, beau temps, New York, Dia, Vassar, what else?!

jeudi 2 octobre 2008

Bathroom


Bon, d'accord, il y a bien un détail qui coince, dans le merveilleux Vworld. Quoi? La salle de bain. D. a eu beau me dire que ce serait une question de temps, rien n'y fait.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Je me suis habituée a mon luxe parisien : une grande salle de bain, la lumière du jour, deux énormes miroirs, la vue sur les toits, et des produits de beauté plein mon tiroir.

Ici... la ventilation est trop froide, la douche est un des top lieux de fornication, et le lavabo le premier endroit de vomissage après n'importe quelle soirée d'excès. Quelques araignées se baladent, et la lumiere n'arrive qu'à moitié jusqu'à la douche. En plus, j'ai l'immense chance d'être pratiquement en face de la salle de bain, ce qui fait que je suis facilement réveillée par les quelques abrutis qui trouvent très normal de chanter a pleine voix sous la douche dès 8heures du matin...

Du coup, ce n'est pas franchement l'extase, j'aimerais bien pouvoir me doucher sans tongs, et aussi me voir dans une glace de la tête aux pieds, une fois de temps en temps, s'il vous plait. Mais bon, je fais des efforts pour m'adapter... Je me douche le matin, a peine levée, a moitié endormie, presque anesthesiée, ce qui m'enlève aussi toute pudeur lorsque je croise Mat puis Jeff (mêmes horloges biologiques fever), avec mon pyjama d'hiver à moutons et mes cheveux en petard.

Et puis, je compense en faisant des petites folies, du genre le shampoing + soin John Frieda sur lequel je salive depuis des années a Monoprix, trouvé pour à peine plus de $5 chacun a Target... (quoi de mieux que de finir sur une petite note de girly-fever... ahem)